Voilà, enfin, #42.



Ce blog à 2 s'arrête et ce billet sera mon dernier ici. Dorénavant, c'est dans la vie réelle que Feignasse Bleue et moi-même sommes de vrais colocataires.
Vous l'aurez compris, certain d'entre vous le savaient, d'autres s'en doutaient (surtout ceux me suivant sur twitter en fait). Depuis très exactement 3 mois aujourd'hui, et à cette heure précise, Mat et moi sommes séparés.

Vous pourrez encore voir les archives bien entendu, mais il est probable que d'ici quelques temps on ferme les commentaires.

Je me suis sincèrement demandé si j'allais continuer ailleurs. Continuer tout court en fait. J'étais prête à arrêter. Pas du tout le moral.
Et puis, certaines choses sont apparues à mes yeux et alors, j'ai décidé de continuer. (Par contre désolée, c'est pas hyper fini encore, je vous filerai l'url sur twitter et dans les commentaires où vous pourrez -ou pas, vous sentez pas obligés hein- me suivre bientôt... :) ).
Même si je suis terrorisée.
Je dois être un phœnix, sans aucun doute. ;)

Et voici ma dernière histoire ici.

Il y a quelques temps, j'ai vu l'excellent film britannique Good Morning England. Pour moi, la surprise de l'année.

Si vous n'en avez pas entendu parler, c'est l'histoire, dans les années 60, d'une radio pirate, Radio Rock, qui émet d'un vieux rafiot -on peut pas vraiment appeler ça un bateau vu l'état du truc- depuis la Mer du Nord. Quand le gouvernement britannique coincé, injuste, stupide et cruel leur met des bâtons dans les roues, la "fine" équipe n'en a cure et continue à émettre du bon son et de l'animation à une Angleterre étouffée par ce qu'on pourrai appeler les bonnes mœurs. Les DJ's sont tous aussi tarés les uns que les autres, irrévérencieux, révoltés et assez frappés pour assumer courageusement et en rigolant cette révolte.
Si ce film n'est pas une histoire vraie (mais cela semble si réaliste que c'est la première question qu'on se pose, on AIMERAI que ce soit vrai), c'est en tout cas un vibrant hommage à l'esprit "Sex, Drugs and Rock'n'roll" qui, à ce qu'il parait qu'un lutin m'a dit, était très en vogue à l'époque. Ce slogan se sent jusqu'à la manière de filmer, caméra au poing. Attention, ça tangue! Il faut s'y faire et pas avoir le mal de mer, où vous risquez de pas aimer. Moi, j'ai adoré.
C'est un film frais. C'est une claque aussi. Une sorte de déclic.
Musicalement, et cinématographiquement (je sais pas trop si ça se dit), rien n'est à jeter. En même temps vu ce qu'on pouvait trouver comme musique à l'époque, il aurai vraiment fallu être un branque pour se planter!

Je vais vous spoiler un peu, mais comme Titanic, à la fin, le bateau coule. Notez que c'est une des choses qu'on se demande pendant tout le film, "quand va-t-il couler?", vu la vieille merde rouillée que c'est.
Le principe, c'est que l'équipe envoie alors ses coordonnées dans un signal de détresse, dans l'espoir d'être sauvée. Mais le gouvernement, trop content de voir le bateau qui leur a résisté (en diffusant librement de la musique et en ayant un discours libéré) couler décide tout simplement de les abandonner à leur sort.
Alors que l'aube pointe le bout de ses rayons, que l'équipe semble irrémédiablement vouée à son triste sort de transformation en glaçons, des bateaux, par dizaines, arrivent pour les sauver. Ce sont leurs auditeurs (qui sont alors plus que nombreux au Royaume-Uni). Ces auditeurs reconnaissants, à qui l'équipe a diffusé culture et bonne humeur quotidiennement, et qui, grâce à elle, échappent au carcan très étroit de leur vie (qui lui aussi était en vogue à l'époque).
Je pleure pas souvent devant les films, mais là, j'avoue que j'ai eu du mal à retenir mes larmes.
Une bouffée de joie.
Le gouvernement pousse Radio Rock dans ses retranchements, en la traquant et en la forçant du coup à bouger la coque de noix qui lui sert de station, en sachant que si ce bateau fait ça, l'équipe coulera et les abandonne alors comme des vieux parasites miteux. Mais les gens, dont l'opinion est majoritairement défavorable à ce gouvernement véreux (tiens, ça me dit quelque chose...) se prennent en mains et vont sauver ceux qui leur auront apporté tant de bonheur, tant de liberté au quotidien, au détriment de ceux qui les gouvernent. Et c'est juste beau.

Comment ne pas faire de parallèles avec notre époque actuelle?

Je suis sortie de ce film en me disant que j'adorerai monter une radio comme ça, prête à franchir les limites, pour divertir les gens. Je me suis aussi rendue compte que dans les pires moments, j'ai la musique, j'ai la liberté, j'ai même Wikipédia! (rigolez pas, ça occupe franchement l'esprit des fois et ça lui évite de penser à autre chose).

Comme dans ce film, on a un gouvernement qui, dès que ça ne va pas dans son sens, ponds une loi pour rendre ce contre-courant illégal. Et en sortant de ce film, on a envie de dire: Merde. On a envie d'adopter direct une saine frack'attitude, vous savez.
Je pensai à Hadopi par exemple. A l'époque de ce film, je me disais, "attends, la nanel, bonne petite chienne au service de ses maîtres, voudrai qu'on -nous le peuple- acceptions d'être espionnés dans notre sphère privée, ce qui prouve déjà qu'elle se fournit pas chez le bon droguiste (ahah :D ) mais en plus, elle voudrai qu'on paie pour?! Mais elle plane! Qu'elle se le mette au cul son mouchard! Je suis sûre qu'il y a même de gentils dev qui seraient ravis de lui coder un ptit soft libre pour le lui rendre vibrant et qu'elle se lâche un peu (et nous avec).

Ce serai mentir de dire que (même si cette loi en particulier est inapplicable et qu'elle se fait corriger régulièrement, elle est pas passée par ici, elle repassera par là) je n'ai pas peur.



J'ai peur.
De l'ambiance actuelle.
En général.
De vivre seule.
De me rendre compte que j'ai pas le droit de dire ce que je veux.
Que la violence semble être le seul moyen de se faire entendre des "hautes sphères" de ce pays qui envoie des tarés intolérants et ignares nous gouverner.
Que si il m'arrive un accident, je pourrai mourir dans la pire souffrance et la pire solitude, parce-que les hôpitaux ont de moins en moins de moyens.
Qu'on monte le peuple contre le peuple (et qu'en plus ça marche!).
Que comme plein de poly, je sois juste considérée comme une pute ou au mieux une nympho.
Que si je rencontre -enfin- une nana qui me plait, et que j'ai envie de me marier avec (bon me marier, ça arrivera jamais, vraiment pas mon truc, mais mettons), je pourrai pas, parce-que les "gens comme nous" sont "inférieurs", ne sont pas traités comme un soi-disant pays de droits se doit de les traiter.
Et puisqu'on en parle, restons dans le sujet LGBT (qui vous le savez me tient très à cœur), que la transexualité soit rayée des maladies mentales seulement en 2009 et que ça semble provoquer un tollé juste impressionnant parmi plein de gens, créant une sorte de climat transphobe tout simplement intolérable et ignoble (et peu semble s'en alerter. C'est grave, merde, réveillez-vous).

Tellement de choses qui me font dire qu'il y a quelque chose de pourri ici. Qu'on s'enfonce de plus en plus.

Il nous reste la culture, pour nous changer les idées, nous évader d'un quotidien de machines. Mais on veut nous la formater, nous la mettre dans des petites cases, on veut nous transformer en robots. Et ça, c'est pas rock du tout et c'est intolérable. Parce que c'est pas ça la vie.

Dans le film, Quentin, le chef de Radio Rock, dit à ses animateurs, qui se sont tous levés pour dire qu'ils continueraient quand même à émettre, malgré la loi interdisant les radios pirates:
-Vous savez, ils vont essayer de nous déloger.
Et le comte, leader naturel des animateurs, toujours prêt au défi:
- Qu'ils essaient. :-D

Alors, j'ai peur.
Mais j'en ai rien à carrer.
Je ne céderai pas à des gens qui veulent nous priver de culture et de liberté, c'est hors de question (par exemple il pleuvra des rhinocéros roses dans ma cour avant que je place un mouchard sur l'ordi. Et que ça me mette dans l'illégalité, je m'en balance, AH!).
Je continuerai à écouter de la musique avec mes potes, à leur faire découvrir même, à dire et bloguer ce que je veux, et à tenter, autant que faire se peut de m'éclater dans cette vie de merde.

Quant au gouvernement, contrairement à lui qui s'en fait plein et pense gagner sur tous les tableaux, je ne me fais pas d'illusions, il va finir par perdre. Quand le bateau coule et qu'on a pas l'opinion en poupe, on fait rarement de si vieux os que ça.
Notre Internet, c'est leur radio. Le bateau coule, mais l'esprit rock, il ne le détruiront pas. Cette musique, cette Culture en général, c'est un trésor, on l'a tous en nous, c'est insubmersible, ils ne réussiront pas à nous l'enlever.

Moi, Kerdekel, je suis libre. Et je compte bien le rester.
Gouvernement, vas te faire foutre. Et ma foi, pour une fois, fais en sorte d'apprécier le moment, une bonne sodomie n'arrive pas si souvent. ;)

A vous, chers et adorables lecteurs libres comme l'air, merci de nous avoir suivi et surtout, n'oubliez jamais le vieil adage:
\o/ ROOOCK AND ROOOLLL \o/