Parfois, il y a des moments où on a envie de tout plaquer. C'est normal. Enfin je crois.
Parfois, on a besoin de prendre un sacré recul. Parcequ'on est essouflé. Parcequ'on est en si profond desaccord avec les autres que ça ne marche plus, qu'on se sent trahi, qu'on ne comprend pas pourquoi ça ne marche plus. Parceque la discussion n'est plus de mise, personne ne s'écoute, on se sent incompris, et parfois même on l'est carrément.
On finit alors en désaccord avec soi-même, à faire des choses contre ses principes. On se sent sans cesse obligé de crier, d'être mauvais, on est dépassé, parceque quelque que soit la façon dont on s'y prend, ce n'est jamais assez bien pour l'autre en face.

Alors, on part. Ca vaut mieux. Ce n'est pas dramatique, ce n'est pas la fin du monde, c'est juste un pan de votre monde qui s'écroule, ça fait plus ou moins mal. Alors, on essaie de reconstruire ailleurs. On va se ressourcer. On passe à autre chose, ou on se focalise sur un détail en éliminant les autres. On reste près de ceux avec qui on se sent bien. Avec qui on peut être soi-même. Avec qui on peut rigoler, se dépouiller ensemble dans une ambiance bon enfant sur un projet commun. Avec qui nulles magouilles, nul mépris, nul irrespect n'a sa place. Ou un desaccord se rêgle autour d'une table, avec une bière ou toute autre boisson-pas-bonne-pour-la-santé-beuuurk-y-a-des-bulles. Ou personne ne vous juge ou pire, ne juge quelqu'un que vous aimez et appreciez. Ou ce que vous faites n'est pas considéré comme inutile, ou ce que vous faites a de la valeur, sert a quelque chose. Quand le temps s'efface, qu'il n'est pas plannifié ou au pire, juste dans les grandes lignes. Quand la tâche que vous effectuez ne ressemble pas a une corvée, mais à une bonne partie de jeu avec des potes...

On se rapproche de personnes différentes, qui semblent vous accepter tel que vous êtes et en esperant que vous vous ne trompez pas, cette fois. C'est normal d'être méfiant, après ce douloureux vécu. Vous réalisez en qui vous pouvez vraiment avoir confiance, ou pas.

Bien sûr, ce n'est pas un adieu. Dans la tête des gens, l'infini donne mal à la tête, en général. Et adieu, c'est pour toujours. On ne peut pas se dire qu'on part pour toujours. C'est déjà douloureux de partir pour une période non definie, de tout quitter. Alors, pour toujours! C'est trop dur. Dire adieu, c'est abandonner quelque part. On part, on ne sait pas quand on reviendra, mais on reviendra, on le sait, ou du moins on l'espère.
Parfois même, quand la tempête est passée, on revient faire sa guest star. C'est éphemère et durant ce moment, on sait qu'on ne risque rien et que dès qu'un cyclone pointe le bout de son nez, on revient vite dans son refuge, qui est là, juste à 200 m, pas loin.

Alors, pourquoi ce billet qui donnerait le spleen à une pierre? :)

Tout ça, c'est arrivé aux plus grands, qu'on pensait unis.

Certain, apaisés et cicatrisés, un peu, donnent le doute, ce dernier aussi petit que le débat sur le chat de Schrödinger, à propos de leur eventuel retour, après une retraite bien meritée, sur une île deserte très peuplée au nom de dieu égyptien.

D'autres, blessés, mettent les voiles au pays du tango (non pas la boisson, la danse) pour de loooongues vacances.

Quant à moi? Après avoir vu et fait naître l'assoce Nekeme Prod., y avoir consacré presque 5 ans de ma vie, je la quitte.
Où vais-je aller?
Je retourne à mon premier amour, Arkhart (presque 6 ans). :)
Je me sent deja revivre alors, ne vous inquietez pas. Je ne vais pas si mal, au final. :D